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Restez chez vous !

Episode 31

L’appartement de Maïwenn était à peine plus grand qu’une chambre de bonne mais contrairement à moi, elle avait du goût et avait su l’aménager avec intelligence. Des étagères partout, remplies de bandes dessinées et de livres, une penderie compacte le long d’un mur, des tiroirs sous le lit… Un vrai lit, pour une personne, avec un vrai matelas et des oreillers moelleux.

La chatte était très sage depuis que je m’étais résigné à monter chez Maïwenn. Elle semblait presque m’ignorer. J’aurais pu en profiter pour filer, mais pour être franc, je n’avais plus très envie.

« Mets-toi à l’aise ! Tu peux laisser tes chaussures là », me dit Maïwenn en me montrant le bas d’un placard où trônaient ses quelques paires.

Pendant que je m’exécutais, elle s’assit sur son lit et retira son soutien-gorge. Sans enlever son petit haut, le plus naturellement du monde, juste le soutien-gorge, avec un soupir de soulagement.

« Ah ! Ça fait du bien. »

Ça n’avait rien d’indécent, et c’est cela qui était le plus troublant : cette liberté souveraine… Mais je ne pus m’empêcher de remarquer l’épanouissement de sa poitrine en transparence.

J’étais mal à l’aise et pourtant, je voulais rester. Je voulais vivre la suite. Ma conscience criait “Clara !” et m’ordonnait de rentrer chez moi, quitte à combattre la chatte… Mais mon corps ne lui obéissait plus. Il vint s’asseoir près de Maïwenn, sur le lit, puisque la seule chaise de l’appartement était à présent occupée par un soutien-gorge.

Tandis que la chatte lapait l’eau tiède de sa soucoupe, Maïwenn m’embrassa. Je n’avais pas encore dit un mot que déjà, j’étais dans son cou, dans ses mains, dans ses seins, en elle enfin. Ma surprise décuplait la volupté de ses caresses. La chatte avait bien réussi son coup.

Quelques minutes après notre étreinte, je flottais, libéré de toutes formes de tensions… Excepté ma culpabilité vis-à-vis de Clara. Je ne pouvais pas le garder pour moi.

« Je suis… Comment dire ? J’ai quelqu’un dans ma vie. »

Elle arrêta de me sourire, mais pas d’effleurer mon torse du bout du doigt.

« C’est dommage. »

Elle était belle, naturelle et surtout libre. C’était ma qualité préférée chez les femmes, depuis toujours : la liberté. Pourquoi ? Je devais sans doute me trouver moi-même trop dépendant du regard des autres. Si j’y songeais ce soir-là, c’est peut-être parce que les dernières semaines m’avaient poussé à m’engager, à sortir de ma réserve ?

« Va pas croire que je suis amoureuse, hein… me dit-elle. Mais je t’aime bien », précisa-t-elle en riant.

Je dus rougir en bafouillant quelque chose pour changer de sujet.

Maïwenn se montra très agréable tout le restant de la soirée. On s’entendait, c’était incontestable. Je m’en sentis encore plus coupable vis-à-vis de Clara. Au bout d’une heure ou deux, je finis par lui annoncer que je préférais rentrer chez moi, très simplement. Elle me répondit que son lit était trop petit de toute façon. Je guettai la chatte en enfilant mes chaussures éraflées par ses griffes : aucune réaction. Elle semblait prête à me laisser partir cette fois.

« Je pense que tu devrais l’appeler Opportune, dis-je à Maïwenn en montrant l’animal, parce qu’elle est toujours là au bon moment.

« T’es très détendu, hein !

– Pourquoi tu dis ça ? » lui demandai-je.

Elle souriait, hésitant visiblement à me répondre. J’insistai :

« Ben dis-moi !

– T’hésites plus quand tu parles, depuis tout à l’heure. »

Elle avait raison : je ne bégayais plus. La chatte cligna de l’œil en me regardant, mais j’étais tellement bousculé par tous ces événements que je ne m’en étonnai même pas.

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