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Ragozine

Episode 7

Résumé de l'épisode précédent :

Alex a fait un repas pour Cassandra sur les toits de Paris. Elle lui explique qu'elle a filmé une vidéo pour dénoncer les tortures faites à des cochons. Elle découvre alors qu'Alex a une prothèse à la place du pied droit...

De leur côté, Pablo et Nick mettent le feu à une voiture pour chercher quelque chose dans un commissariat... Nick a le cou brisé dans leur fuite.

En pleine après-midi, dans la cour de la prison de Fresne, deux hommes avaient escaladé le mur d'enceinte et avaient agrippé les barbelés pour s'échapper.

Informaticiens et braqueurs, ils avaient fait leurs armes ensembles. L'un s'appelait Ding. Il avait le crâne large, les idées solides et la parole rare. L'autre s'appelait Nick. Il avait l'humour sale, le coup de poing rugueux et le calcul rapide. Ils s’aimaient.

***

Quand Pablo revint seul, Ding explosa.

Le chilien s'excusa, pleura. Ding ne disait rien, les yeux crachant du sang. Derrière lui, Alex le retenait en lui agrippant le pull. Pablo s'excusa encore et encore, puis se renfrogna. Il matait son pote. Droit dans les yeux. Puis, ils pleurèrent tous les trois. En silence. Sans trop comprendre. Sans trop calculer.

Alex sortit fumer une cigarette. Un champ agricole s'étendait face à lui, rectiligne. Sevran by night. Il tira une latte. Sécha une larme. Puis respira profondément.

Il savait que la violence allait un jour défoncer sa porte, mais il ne s'attendait pas à ce qu'elle prenne cette forme.

Il cracha au loin sans remarquer l'ombre qui s'approchait.

« Vous auriez du feu ? »

Alex sortit son briquet et alluma la cigarette d’un homme coiffé... et qui habituellement préférait vapoter.

***

L'esprit bourdonnant, Ding cherchait son centre. Par sa respiration, il mit en pause ses pensées qui, à la manière de poussières dans le soleil, tombèrent calmement, jusqu'à ce qu'une légère vibration extérieure le perturbe et que, du centre, son esprit s'arrête, s'extirpe de son corps, glisse sous la porte, longe les herbes folles, remonte le mur de l'immeuble et renifle la colonne de policiers encagoulés, le fusil en avant, squelette de dragon pétrole, craquelures d'os, feulements, pour que, d'une génuflexion, il jaillisse, transperce la vitre et projette de ses mains des millions d'abeilles d'aciers dans leurs crânes en gelée...

Ding se réveilla soudain.

Le cauchemar était très puissant...

Les Fous dormaient tous dans la planque pour se tenir chaud au cœur. La pièce était sombre. Seule une pâle lumière orange traversait les stores.

Il but un peu d'eau et respira. Dans l'ombre, Nick n'arrêtait pas de revenir...

Laisse-moi...

Happé par un étrange pressentiment, Ding alla à la fenêtre, sortit les jumelles et jeta un œil sur le parking. Comme si son rêve l'avait alerté, il vit un van s'approcher. Il remarqua tout de suite que le conducteur portait une cagoule. Flics. GIGN. Dangers.

« Les mecs, faut qu'on bouge. MAINTENANT ! »

Les matins rock-and-roll, vous connaissez ?

Une claque, un riff de guitare électrique et le cœur qui vrombit comme un ampli boosté au maximum. Pablo récupéra ses clés et enfila son fute d'un déhanché brutal. Alex se débarbouilla le visage. Ding était déjà prêt, une grenade à la main.

Il fallait partir. Ding ouvrit la porte et balança l'ogive dans les escaliers. Les deux autres se carapatèrent. Les escaliers de secours s'avalèrent cul-sec. D'un coup vif, Pablo ouvrit la porte du garage, zyeuta sa deuxième montre. Alex hurlait qu'ils n'avaient pas le temps pour ça. La voiture démarra et Ding ne les avait toujours pas rattrapés.

La voiture décolla, remonta la spirale en béton du garage et rejoignit la route. Coup de frein. Regard en arrière façon torticolis.

« Mais qu'est-ce qu'il fout... »

Pablo fixa sa montre, puis Alex et lança : « Je lui donne dix secondes... »

1...

Alex matait le rétro.

4...

Pablo trépignait en faisant cliqueter ses doigts sur le volant.

7...

Déboulant comme une furie, Ding dépassa une rambarde, atterrit au sol et rentra à l'arrière de la voiture. Des sprays de sang recouvraient son visage. Aucune émotion.

« Mais qu'est-ce que t'as foutu ???

– Ce n'était pas le GIGN...

– Démarre ! J'ai pas envie de me faire arracher une couille à la scie-sauteuse...»

La voiture s'arracha du sol et partit sur les chapeaux de roues.

« C'était qui alors ?

– C'était Onelli et sa bande... »

Silence.

Pablo comprit que le type qui l'avait suivi, il y a quelques jours, n'était autre qu'un mec de la bande d'Onelli.

Ding s'énerva :

« PLUS VITE ! On doit lancer Ragozine demain et c’est pas ces connards qui nous en empêcheront ! Alors pied au plancher ! »

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