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Ragozine

Episode 1

Paris, la nuit.

Les mecs étaient quatre.

Ils s'arrêtèrent dans une rue, devant un magasin de vêtements, jetèrent quelques regards, puis lancèrent l'attaque.

D'un tampon de l'épaule, Alex brisa la vitre d'entrée ; le verre céda et s'éparpilla en une belle cascade luisante. La rage hurla au fond de lui.

Capuche baissée, Pablo vérifia les alentours d'un œil vif, sec, serpentin.

La nuit était de pétrole.

Silencieuse.

« Go ! »

Il agrippa sa batte de base-ball et tapa une dizaine de fois dans le rideau métallique jusqu'à ce qu'il se gondole. Alex sortit des ciseaux et lui dit :

« Reste-là. »

Les deux autres plongèrent à l'intérieur du magasin avec Alex. Le trentenaire sentit alors l'adrénaline lui fouetter les yeux. Enfin ! Nick, blondinet baraqué, alluma le courant. Des lampes clignotèrent sur des étalages de fringues. Ding commença aussitôt son travail. Il creva des chaussures une à une, impassible. Une vraie charrue, le mec.

À coups de crans d'arrêt, ils percèrent t-shirts, blousons, chemises et pantalons ; Nick graffa sur un mur : TOUS ÉTRANGERS DANS CE MONDE ÉTRANGE !

Pablo siffla vivement.

Les autres levèrent la tête.

« Merde... »

Le piège allait se refermer ! Il fallait sortir !

Les quatre hommes firent un pas dans la rue. À l'horizon, des ombres s'avançaient, cagoulées ou le crâne nu. Elles avaient des battes et des pieds de biche.

« Z'allez crever bande de chiens !

– On est pas des chiens, fit Alex. On est des chats de gouttières....

– … et on va vous griffer vos sales tronches ! » ajouta Pablo.

Sans cogiter, ils s'élancèrent dans la mêlée comme une équipe de rugby. Touffe brune en mouvement, Alex évita une batte, fourra son ciseau dans l'aine d'un type qui beugla. Nick se prit un coup de boule et glissa au sol. Témoin, Ding poussa aussitôt le gaillard à l'œuvre et enfonça son poing dans sa glotte. Le type vomit.

Le piège se refermait...

D'un coup de semelle, Alex écrasa la tête d'un petit type grassouillet. Il lui mit les lames de ciseaux entre la joue et l'oreille et referma d'un millimètre. Le type beugla et les autres s'arrêtèrent. Alex ricana…

« Salut Onelli.

– Va crever...

– Écoute-moi bien. On est pas là pour débattre. Tu fermes boutique et t'arrêtes tes conneries, sinon on revient et on brûle tout. Kapish ?

– Tu peux toujours courir. C’est moi qui vais te brûler et te réduire à néant, toi et ton projet Ragozine de merde. »

Alex frissonna. Personne ne devait savoir. Comment ce troufion pouvait-il être au courant ? Il referma encore d'un cran les lames.

« Tu peux répéter ?

– VA CREVER ! »

Ce furent ses derniers mots.

La couenne de l'oreille sauta. Une source rouge jaillit. Et Onelli hurla. Au loin, des sirènes de polices surgirent. Les quatre mecs filèrent dans la fourrure nocturne, abandonnant la rue dans le verre et le sang. Le ciel était noir.

***

« Attention ! »

Cassandra glissa de trente centimètres.

Elle eut soudain la désagréable impression de chuter.

Un coup d'oeil en bas lui rappela pourquoi on conseillait aux jeunes novices de ne pas regarder le vide lors d'une descente en rappel, surtout si celle-ci se faisait sur les vitres lisses d'un immeuble de 24 étages.

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