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Casting pour New York

Episode 4

Castille file à New York et rencontre Dennys

Toute contente d’aller passer la journée à New York, Castille fut réveillée avant son alarme.

Elle passa prendre un café avec quelques membres du personnel et c’est Bob qui se proposa pour l’accompagner à la gare. Castille ne s’était pas du tout posé la question de comment elle allait s’y rendre ! Enthousiaste mais un peu tête en l’air.

Elle s’acheta un billet et prit le train de banlieue

La jeune femme se plongea dans le livre qu’elle avait reçu en cadeau du jour, dans la boîte de ses amis, quand des bruits de pas singuliers attirèrent son attention.

Elle vit un homme, visiblement un contrôleur, qui effectuait quelques pas de claquettes. Castille sourit.

Arrivée à sa hauteur, le contrôleur souleva sa casquette et lui fit un grand sourire. Il vit tout de suite qu’elle n’était jamais venue dans ce wagon.

Il remarqua qu’elle lisait un livre en français et il s’exclama :

« Hey ! French ? »

Castille lui montra la couverture du livre et opina du chef avec un grand sourire.

L’homme se présenta :

« Je suis Dennys, contrôleur. Bienvenue dans mon train. »

Castille tendit son billet qu’il poinçonna. Il lui fit un clin d’œil et repartit.

La jeune femme observait son petit manège. Plus il avançait et plus les gens avaient l’air détendus et souriants. Drôle de contrôleur.

Elle se replongea dans sa lecture. De nouveau des pas se firent entendre. Dennys passait dans l’autre sens.

Il s’arrêta de nouveau devant elle. Elle fût un peu gênée et se sentit rougir sans savoir pourquoi.

Dennys, un noir américain d’une cinquantaine d’année au physique de danseur et au sourire rassurant. Il se mit à chanter en français avec un accent qui le rendait presque incompréhensible :

« Alouette, gentille alouette,

Alouette, je te plumerai.

Je te plumerai la tête.

Je te plumerai la tête.

Et la tête ! Et la tête !

Alouette, Alouette ! »

Castille lui fit un signe d’admiration et applaudit.

« Bravo ! Vous parlez Français ?

– Non ! Malheureusement ! C’est une chanson que j’ai appris à l’école quand j’étais petit.

– Ah c’est drôle.

– C’est surtout que je m’en souvienne qui est drôle ! Vous allez visiter New York je suppose. Vous avez déjà fait votre programme ?

– Je vais surtout me balader pour commencer mais je compte bien aller à New York dès que l’occasion se présentera.

– Vous êtes en vacances ?

– Pas tout à fait. Je donne des cours de français et de patinage à une petite fille de 8 ans dans une famille.

– Oh du patinage artistique !

– Oui c’est juste quelques cours comme ça.

– Bien ! Et vous habitez où ? Si ce n’est pas indiscret ! »

Castille se sentait en confiance et était heureuse de discuter avec quelqu’un.

« Je vis chez la famille Williams. J’ai rencontré Robert le père de famille et il m’a dit que sa fille aimerait apprendre le français mais uniquement si elle avait des cours de patinage !

– Quoi ?!

– Oui c’est un peu particulier en effet.

– Et vous patinez où ?

– Ils ont leur patinoire !

– Quoi ! Non ! Incroyable !

– Alors comme Brenda, la fille à qui je donne des cours est à l’école, j’ai du temps libre pour aller visiter New York.

– Bonne idée ! Je n’en reviens pas ! Une patinoire privée !

– Oui ! Ceci dit je suis bien contente d’en profiter dès que l’occasion se présente.

– Tu vas pouvoir faire des auditions pour le Rockefeller Center cet hiver ! »

Dennys était enthousiaste rien qu’en disant cela.

« Euh c’est à dire que j’ai un mois d’essai et après je ne sais pas en fait. On verra bien si je reste. Pour les auditions, je ne pense pas avoir le niveau et je ne suis pas là pour cela.

– Ah oui je vois. Bon j’espère que tu te plairas. Je dois y aller. Tu sais, ma fille fait des études à Paris.

– Ah oui ! Des études de quoi ?

– Je dois vraiment y aller ! La suite au prochain épisode si tu prends mon train ! Passe une bonne journée. »

Il lui fit un clin d’œil et de nouveau un signe avec sa casquette.

Castille sourit. Un drôle de personnage ce Dennys. Elle veillerait à reprendre ce train pour avoir la suite de l’histoire.

Arrivée à Grand Central Terminal, Castille déambulait déjà le nez en l’air. Elle passa la journée à marcher, à tenter de se situer et de comprendre comment fonctionnent les déplacements dans cette ville en perpétuel mouvement.

Elle prit des photos, se posa dans Central Park, s’acheta de quoi déjeuner dans un food truck, observa les gens ainsi que les écureuils parfois peu farouches. Elle se sentait vraiment bien.

Elle rentra fatiguée mais heureuse de sa journée. Robert l’attendait à la gare, ce qui interloqua Castille car c’est Bob qui devait passer la prendre. Elle se dit qu’il devait être occupé.

« Alors la new yorkaise, cette journée ?

– Extra, vraiment ! Merci de venir me chercher. Tu as un morceau de tissu qui dépasse de ton coffre, ça va s’abimer.

– Oh ! Merci, je vais regarder en arrivant. J’ai foutu mon bazar vite faite bien faite pour venir te chercher.

– Je croyais que c’était Bob qui devait venir.

– Il était occupé, il a été appelé à l’extérieur. Alors je lui ai dit que je m’occupe de te réceptionner. C’est aussi l’occasion que tu me dises comment tu te sens et comment ça se passe avec Brenda.

– Ah ok ! Je prends mes marques et je suis de plus en plus à l’aise. Les membres de ton personnel m’ont accueillie avec gentillesse et je suis contente. Avec Brenda je suis agréablement surprise. Je m’attendais à être, excuse moi de le dire, avec une fille un peu capricieuse, mais en fait elle est volontaire et ose parler et patiner.

– Incroyable ! Tant mieux. »

Castille fut étonnée ! Etonnée autant par l’attitude de Brenda dont elle s’était fait une fausse idée après ce que lui avait dit Robert que par la réaction de ce dernier, qui semblait découvrir une facette de sa fille. Un sentiment mêlé envahit la jeune femme.

« Oui je suis contente.

– Tant mieux, j’ai envie de parler français avec mon fille !

– Ça va venir et plus vite que tu ne l’imagines.

– Chouette. Merci Castille, vraiment.

– Je suis là pour ça.

– Au fait je vais à Paris la semaine prochain.

– Ah oui ! Bon je vais peut-être te donner un paquet à remettre à Gloria pour qu’elle organise une soirée avec Nadège et Polo.

– Mais avec plaisir ! Pas de problème, au contraire. Je crois que je vais m’inviter chez elle.

– Bonne idée. Merci Robert. Bonne soirée.

– Bon soirée Castille. »

Robert déposa Castille devant sa porte. La jeune femme rentra, alluma la lumière et ferma la porte à clef, réflexe de parisienne.

Robert observa. Il avait décidé d’aller l’attendre à la gare, plutôt que de laisser Bob s’en charger. Il ne lui avait pas laissé le choix. Il avait avancé son voyage à Paris car il voulait voir Nadège et la faire venir rapidement à New York, sans en informer Castille.

Secrètement Robert se demandait ce que Castille pouvait raconter de son séjour ici à ses amis. Il était curieux mais surtout, il ressentait un malaise. Malaise de ne pas savoir et donc ne pas maîtriser les choses et les gens. En avançant son séjour et en parlant à Nadège peut-être qu’il en saurait plus, l’air de rien. Nadège ne se poserait pas de question et faire la surprise de son arrivée à Castille lui ferait certainement plaisir. Robert se faisait son programme dans sa tête, ou plutôt son scénario.

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