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Casting pour New York

Episode 3

Rob fait les présentations et Brenda prend son premier cours de français sur glace.

Un peu timide, Castille se dirigea vers Rob. Son sourire avenant la rassura. Il l’invita à entrer. Il y avait au moins 20 personnes. Tout le monde accueilli la jeune femme avec enthousiasme. Chacun tenta un mot de français et elle fut vite mise à l’aise.

Bob lui expliqua le fonctionnement avec chacun qui apportait quelque chose selon une liste. Il proposa à Castille de venir quand elle voulait cette semaine et puis après, si elle le souhaitait, elle pourrait faire partie du planning.

Elle trouva que c’était une bonne idée. Elle se disait même qu’elle pourrait préparer des plats français pour leur faire goûter. Rien qu’à l’idée elle se sentit encore un peu plus à l’aise. Et puis surtout elle faisait la connaissance de monde et elle aimait ça.

Dans un anglais parfois maladroit, elle se présenta :

« Bonjour. Je m’appelle Castille. Je viens de Paris, où j’ai rencontré Robert. Je suis ici pour un mois pour commencer. Je viens donner des cours de français et de patinage à Brenda, la fille de Robert et Linda. »

Le déjeuner se passa à merveille, ce qui rassura la jeune femme. Malgré les moyens de communications modernes, Castille se fit la réflexion qu’elle ne connaissait personne ici, physiquement. Elle eut un peu le vertige, comme une sorte d’inquiétude, injustifiée certainement.

Vers 16h30, Castille retourna à la patinoire. Elle s’échauffa un peu, fit quelques tours de pistes, avec un plaisir non dissimulé. Robert arriva avec Brenda.

Brenda lui fit un sourire un peu pincé. Elle était mal à l’aise.

Castille sortit pour l’accueillir. Elle lui offrit les protège-lames. Brenda resta perplexe face à cette attention. Elle enfila ses patins, fit quelques pas. Elle avait mal aux pieds. Castille se disait qu’elle n’allait même pas arriver jusqu’à la glace tel que c’était parti. Robert ne disait rien mais la jeune femme sentait qu’il s’agaçait.

« Robert. Si tu veux bien tu peux nous laisser et on se voit après. Je crois que je vais me concentrer uniquement sur ma nouvelle élève ce soir.

– Ah d’accord ! Oui. »

Robert fut un peu désarçonné mais comprit le souhait de Castille. Brenda resta étonnée et un peu perdue. Castille lui parla lentement :

« Brenda. Je peux t’aider à serrer tes patins si tu as mal aux pieds. Tu as déjà patiné ou c’est la première fois ? »

– Un fois. »

Castille qui pensait être face à quelqu’un de braqué fut agréablement surprise de l’attitude de Brenda. Elle lui sourit et la petite fille lui rendit son sourire.

« Tu vas voir tu vas vite être à l’aise sur la glace et en français.

– J’ai peur.

– Il ne faut pas. On va y aller doucement. Je vais rester à côté de toi. »

Brenda sourit mais Castille la sentait peu rassurée. Elle lui prit le bras pour aller jusqu’à la glace et lui montra comment enlever ses protège-lames.

« Merci pour la cadeau !

– Avec plaisir Brenda. »

Castille trouvait déjà qu’un pas était fait. Elle invita Brenda à monter sur la glace.

« Tu vois tu te tiens à la balustrade. »

En lui parlant elle lui montrait. De toute façon Castille ne savait pas dire balustrade en anglais ! Brenda était de bonne volonté.

« Tu n’as pas froid ?

– Non

– Bon on va commencer doucement en faisant des tours de piste et toi tu te tiens. On va discuter toutes les deux et tu vas voir que petit à petit tu vas prendre de l’assurance. »

Brenda ne comprenait pas tout visiblement mais elle s’appliquait, ce qui faisait plaisir à Castille autant que ça l’étonnait. Elle s’était fait une idée de Brenda en petite peste capricieuse. C’est en tout cas l’impression qu’elle donnait quand Robert était présent.

La petite fille prit effectivement plus d’assurance malgré quelques ratés qui ne la découragèrent pas. Elle tenta même de faire des tours de pistes sans tenir la balustrade, sous les encouragements de Castille.

Tout en patinant, elles se mirent à parler, Castille de son pays et Brenda de l’école et de ses loisirs. Bien sûr l’anglais primait car la petite fille manquait de vocabulaire mais elle avait de la bonne volonté.

Au bout de 45 minutes, Castille proposa d’arrêter le cours là pour aujourd’hui. Brenda n’était pas contre, elle avait un peu mal aux pieds tout de même. Castille l’invita à venir boire un chocolat chez elle. Perplexe dans un premier temps, la fillette accepta.

En sortant de la patinoire, Castille se mit à lui parler en anglais pour inverser les rôles et pour gagner encore un peu plus la confiance de Brenda.

Robert, curieux, les avait suivies. Il frappa à la porte de Castille.

« Alors les filles ! Tout s’est bien passé ?

– Oui Robert ! Un très bon début en français et en patinage. Brenda est une élève assidue et j’en suis ravie.

– Ah ben très bon nouvelle. Prochain fois je mets les patins aussi et je viens.

– Bonne idée.

– Bon je dois "partir comme un larbin" ! Si tu veux tu viens à la dinette à la maison ce soir.

– Merci Robert, c’est gentil. Je vais plutôt rester ici ce soir et je vais aussi appeler mes amis.

– Ah tu call Gloria, Nadège et Polo. Tu leur donnes mon bonsoir de mon part.

– Je n’y manquerai pas.

– Brenda on se voit au dîner.

– Ok dad. »

Robert partit et de nouveau Castille sentit le changement imperceptible dans l’attitude de Brenda.

Elles restèrent parler un moment et leur discussion devint un mélange de français et d’anglais. Brenda faisait vraiment des efforts, ce qui étonna Castille.

« Brenda demain, repos pour toi, car tu va avoir mal aux tibias. Je vais en profiter pour aller faire un tour à New York. On se voit après demain. Ok ?

– Ok Castille. Et merci pour cadeau. Et, hum, un jour moi New York aller toi ?

– Tu voudras qu’on aille ensemble pour se promener ? Bonne idée, bien sûr.

– Cool !

– Bonne soirée Brenda.

– Bon nuit. »

Castille observa Brenda partir. Elle était contente de sa journée, elle avait découvert une petite fille au caractère plus sympathique qu’elle ne l’imaginait. Néanmoins Castille trouvait que quelque chose clochait.

Robert était surpris s’être fait expulser de la patinoire, et plus encore de voir Brenda souriante à la fin de la séance, en train de papoter avec Castille, jusqu’à même la suivre chez elle. Lui qui voulait que les choses se passent bien, il était presque décontenancé de les voir se passer ainsi. Quelque chose lui échappait. Il n’aimait pas cela. Habile pour gérer son personnel à la maison comme au travail, il n’avait pas anticipé le naturel avec lequel Castille s’adaptait à son environnement, à sa fille. Il prit sur lui, une fois de plus.

Castille appela Nadège sans succès, puis Gloria et enfin Polo. Elle discuta une partie de la nuit et finit par trouver le sommeil.

Robert de son côté tenta de questionner Brenda pour savoir comment elle ressentait son premier cours. Pour toute réponse il eu droit à :

« Bien, même très bien. Comme tu le souhaitais Papa. »

Robert sentit une irritation dans le ton de sa fille et dans la situation en elle même. Il fit bonne figure. Que les choses se passent bien, c’était mieux, mais qu’elles se passent trop bien et qu’il ne maîtrise plus les faits et gestes de sa fille, ce n’était pas envisageable.

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