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Casting pour New York

Episode 2

Castille à la patinoire et Brenda

Castille eut un sommeil perturbé, elle mit cela sur le compte du changement d’endroit et du décalage horaire. Elle se leva tôt et prit son petit déjeuner. Le frigo était rempli. Elle scruta quelques emballages et fit des découvertes alimentaires. Elle prit place dans la salle et observa le jardin par la baie vitrée. Le personnel allait au haras. Elle se demandait combien de personnes pouvaient être au service de la famille de Robert. Quand sa fille allait à l’école, et où ? Elle essaierait d’en savoir plus dans la journée.

Castille ouvrit la boite offerte par ses amis et découvrit 30 petits paquets, soit un mois de cadeaux. Tous étaient numérotés. Castille prit le N° 1. Au toucher elle devina un tissu. Bingo c’était un bonnet. Il y avait aussi un petit mot écrit de la main de Gloria : Pour ne pas avoir froid à la patinoire. Castille fut un peu émue. Elle fit un selfie après avoir mis le bonnet et lui envoya via WhatsApp.

Elle se rendit à la patinoire. Devant l’établissement, elle fit la connaissance de Bob qui était chargé de l’entretien du haras et, depuis peu, de la surfaceuse pour aplanir la glace. Bob accueillit la jeune femme avec un grand sourire. Il fit bonne impression à Castille. Il lui laissa son numéro en disant qu’elle pouvait l’appeler si besoin, puis lui proposa de déjeuner dans la cuisine réservée au personnel. Ce serait l’occasion de lui présenter tout le monde. Castille le remercia et commença à se sentir un peu mieux.

Lorsque Castille pénétra dans la patinoire, elle fut frappée par l’odeur de neuf qui dominait l’habituelle odeur d’humidité mêlée au revêtement de sol. Cette atmosphère particulière qu’on ne trouve qu’ici.

Elle visita la patinoire. Tout était impeccable. Il y avait, outre les patins de Brenda, plusieurs paires à disposition. Il ne manquait qu’un bar et une sono. Castille sourit.

Après quelques échauffements pour assouplir ses chevilles, la jeune femme enfila ses patins. Puis, comme un mannequin perché sur des talons, sa queue de cheval se balançant de droite à gauche, elle monta les 3 marches qui séparaient le vestiaire de la glace. En poussant la porte elle sentit le frais, elle eut un peu le nez qui pique et toujours cette odeur qui la renvoyait à ses souvenirs. Elle regarda la glace, impeccablement lisse. Elle fit quelques flexions de genoux, puis elle retira un protège-lame, mit son patin sur la glace. D’un geste habile car maintes fois réalisé elle retira le second protège-lame qu’elle posa sur la balustrade. Elle fit un tour pour tester ses quarts. La fraîcheur la fit frissonner dans un premier temps. Elle se frotta les bras pour se réchauffer, puis elle les écarta pour l’équilibre et avança peu à peu. Bouger lui permettrait de se réchauffer. Elle sourit de nouveau en entendant le bruit des lames caresser la glace. Un bruit familier et régulier. Elle enchaîna les croisés, fit suivre ses bras, elle accéléra au fur et à mesure qu’elle prenait ses aises. Elle regardait les traces qu’elle laissait en chassant de minuscules fragments de glace avec ses lames. Elle fit des huit pour échauffer ses chevilles. Elle tenta quelques changements de quarts avec succès, des passages en avant et en arrière, des croisés de plus en plus assurés, elle se sentait grisée. Elle était bien, tout simplement.

Un peu de musique et ce serait parfait. La prochaine fois elle prendrait ses écouteurs, ou elle suggérerait à Robert d’installer un petit poste. Castille inventait des chorégraphies dans sa tête dès qu’elle entendait de la musique, et ce depuis toute petite. Pour le moment elle profitait. Brenda était en cours et elle avait la glace pour elle toute seule. Elle tenta quelques pirouettes pas très élégantes et un saut de valse qu’on aurait dit effectué par un éléphant. Elle ne put s’empêcher de rire ! Elle rit en se disant qu’elle allait avoir du boulot, mais qu’elle allait aussi s’éclater. Deux heures par jour, voire plus, rien que pour elle sur la glace, elle allait voir les progrès. Elle se voyait aussi profiter de la piscine, après tout elle pouvait toujours demander. Castille se faisait son programme dans sa tête…

Elle continua quelques tours de piste, tenta une fente Ina Baueur qu’elle arrêta à temps pour éviter la chute, voire le claquage. Elle devait faire attention, ce serait bête de commencer en se blessant. Castille fut tirée de ses pensées en remarquant la présence de Robert. Elle alla vers lui et tenta un freinage. C’est finalement la balustrade qui lui permit de s’arrêter.

« Bonjour Robert. Ca va ?

– Oui et toi ? Tu prends tes habitudes.

– Oui je suis ravie.

– Parfait.

– J’ai rencontré Bob. Il m’a invité à déjeuner ce midi pour me présenter tout le monde.

– Ah chouette. Il est sympa Bob, mais tu sais tu peux manger avec nous si tu préfères.

– Merci. Je peux aussi me faire à manger. Je verrai en fonction des jours.

– Tu fais comme tu préfères.

– Elle arrive à quelle heure Brenda ?

– Vers 17 h. Je viendrai avec elle. Après tu verras comment tu veux faire pour les cours et si elle sera partante. Elle est un peu compliquée parfois. Il faut t’imposer. Je lui ai dit que tu voulais aussi aller à New York pour visiter et avoir des journées à toi.

– Merci Robert. Ca me rassure que tu lui aies déjà touché deux mots. Et Linda, elle en pense quoi ?

– Mon femme elle en pense rien. Elle s’en moque. Pardon mais pour elle tu es là pour un travail et puis tu n’es rien. Pardon mais elle est comme ça, elle aime pas mélanger les riches et les autres.

– Ça a le mérite d’être clair. »

Castille sentait Robert gêné. Elle tenta une pirouette et lui dit :

« Tu chausses des patins à glace avec ta fille ce soir ?

– Tu déconnes ?

– Non pas du tout !

– Je verrai plus tard.

– Ok à plus tard alors. »

Robert était content de voir que Castille prenait ses marques. Il prenait sur lui en voyant l’attitude de sa femme et de sa fille. Il semblait surpris, presque énervé par leur comportement. Robert voulait que Castille reste. Quand elle lui avait fait comprendre que le mois d’essai était fait pour elle comme pour lui, il avait laissé paraître une colère impérieuse. Robert, sous ses airs aimables était quelqu’un qui aimait par dessus tout que les choses se passent comme il le souhaitait. Cette période d’adaptation lui était très inconfortable. Et surtout, depuis qu’il avait vu Nadège...

Castille repassa chez elle avant d’aller déjeuner. Elle prit dans son sac la grosse boite de macarons qu’elle avait achetée pour Brenda et Linda. Après avoir fait leur connaissance, elle se dit que ces douceurs seraient certainement plus appréciées avec Rob et les autres employés dont elle allait faire la connaissance. Elle avait quand même peur de passer pour une snob. Enfin, elle arrêta de se poser des questions et elle se prépara.

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