la maison d'édition de séries littéraires

Casting pour New York

Episode 1

Le trajet, l’arrivée à New York et chez Robert

Après le décollage, Castille prit soin de s’installer confortablement. Elle regarda toutes les options qui s’offraient à elle allant du choix du film à l’appel de l’hôtesse. Elle testa les lumières sous l’œil amusé de Robert.

Castille ne dormit presque pas pendant le vol. Elle était en fait toute excitée par cette nouvelle aventure. Robert lui offrit une coupe de Champagne, ce qui ne l’aida pas à retrouver son calme, et ils discutèrent pendant un long moment. Il lui parla de Linda, sa femme, et de leur fille Brenda.

L’idée que se faisait Castille de ses futures colocataires était haute en couleurs.

Elle ouvrit grand les yeux pendant la descente de l’avion et vit New York, tout simplement.

A l’arrivée, c’est en VIP qu’ils furent accueillis. Passage rapide dispensé de douane et de formalités. Les bagages déjà dans le van aux vitres fumées qui les attendait pour les conduire chez Robert. Castille en fut presque déçue, elle qui s’imaginait cheminer à bord d’un taxi jaune.

Les gens qu’il croisait faisaient de petits signes de têtes à Robert. Castille vit en lui une sorte de prestance qu’il n’avait pas en France, il impressionnait ses concitoyens. La jeune femme interpréta même quelques attitudes entre flagornerie et soumission. C’était très curieux, elle ressentait une drôle d’impression sans trop savoir pourquoi.

Il leur fallut une petite demi-heure de route pour arriver à la propriété. Robert profita du trajet pour lui parler de la Grosse Pomme, des choses à voir et à faire :

« Il y a mille et un choses à faire à New York. C’est énorme. Je pourrais te faire un liste si tu veux. Et puis tu pourras venir aussi dans mes bureaux pour voir quand Nadège viendra.

– Ah oui avec plaisir. Ceci dit je suis là pour bosser !

– Ben oui mais bon tu auras aussi du temps pour toi bien sûr. Tu sais, j’ai hâte que Nadège vienne.

– Moi aussi. »

La jeune femme se voyait déjà faire des allers retours réguliers pour visiter des musées, déambuler dans les rues, voir des comédies musicales, monter sur l’Empire state building et tant de choses encore.

L’arrivée dans la propriété transporta Castille dans un film : Tout était énorme, disproportionné, à commencer par la grille d’entrée. Il fallait montrer patte blanche ce qui rassura et inquiéta Castille à la fois. Elle sentit qu’elle était légèrement tendue, comme, de nouveau, un léger malaise imperceptible.

À la descente du van, Robert l’invita à entrer pendant que le concierge se chargeait de porter ses affaires dans la dépendance qu’elle découvrirait plus tard.

En entrant dans la demeure de Robert, elle regarda la hauteur des plafonds, les lustres, la décoration très particulière, chargée par endroit, plus soft à d’autres. Aucune harmonie et même l’impression d’un grossier trompe l’œil dans un des salons. Castille devina qu’il y avait plusieurs salons et que les invités y étaient conviés en fonction de leur importance. Elle attendit dans un décor de Grèce antique aux sièges dorés. Elle se retint de rire et se demanda intérieurement si Linda et Brenda allaient l’accueillir en toge.

Elle eut le temps d’observer avant que la femme et la fille de Robert entrent, précédées par lui même.

Linda était le stéréotype de la femme ayant abusé de la chirurgie esthétique. Sur-maquillée, avec un brushing XXL et embijoutée : des bagues à chaque doigt, un collier énorme, une broche en forme de tigre, des boucles d’oreilles assorties, un sourire faux et figé. Tout en gardant son sérieux, Castille se dit que Linda ne devait avoir qu’une seule ride et qu’elle devait s’asseoir dessus. Elle portait un tailleur qui la boudinait, préférant être serrée dans un 38 plutôt que de céder au confort d’un 40 voire d’un 42. Castille l’imaginait en perpétuel régime et espérait qu’elle ôtait toutes ses breloques avant de monter sur sa balance.

Castille se leva tout sourire et Robert fit les présentations.

« Castille je te présente mon femme Linda.

– Bonjour, enchantée »

Pour toute réponse Linda la toisa avec un sourire pincé et un air condescendant. Elle tendit sa molle main à Castille, cette dernière se demandait si elle s’attendait à ce qu’elle lui serre la main ou lui fasse un baise main ! Très curieuse attitude.

Robert présenta sa fille pour dissimuler sa gêne :

« Et voici Brenda ma fille »

Brenda, un air de peste à la Nelly Olson mis en valeur par ses anglaises, toute de rose vêtue. Un léger embonpoint car elle semblait plus que gourmande. Castille se dit qu’elle devait se venger sur la nourriture et tyranniser les personnes de son entourage sur lesquelles elle croyait avoir un pouvoir. Cela lui fit de la peine. Brenda était une petite fille triste. Elle ne ressemblait pas ou plutôt plus à sa mère, si elle lui avait ressemblé un jour. Elle ne ressemblait pas à Robert non plus.

Castille sentit le regard de Linda qui la détaillait de manière très insistante. Elle fit comme si de rien n’était et s’adressa à Brenda en français :

« Bonjour Brenda, ravie de faire ta connaissance. »

Pour toute réponse, Brenda la regarda avec mépris et lui fit comprendre, en s’adressant à son père, qu’elle ne parlerait français qu’à la patinoire. Ce qui mit Castille rapidement dans l’ambiance. Après avoir tenté de raisonner sa fille, qui quitta la pièce avant même qu’il ne finisse sa phrase, Robert, gêné, invita Castille à le suivre.

« Excuse mais elles sont un peu comme ça au départ.

– Et après ça change ? »

Robert leva les yeux au ciel.

« Je espère et je crois, oui. C’est la première fois qu’on fait un chose comme ça.

– On verra alors.

– Merci Castille. »

Il lui montra la dépendance mise à sa disposition. Une maison, tout simplement, avec tout le confort et autant de salles de bain que de chambres. Il y en avait quatre. Le fait d’avoir son espace rassura la jeune femme. Elle pourrait préparer ses repas et ne pas être obligée de vivre avec la famille de Robert.

Ce dernier lui fit visiter la propriété, la piscine, le haras, la patinoire. Castille n’en revenait pas. Il ne manquait qu’un golf !

« Dans ton tête tu te dis qu’il manque un golf !

– Tu lis dans mes pensées.

– Je vais chez mon ami Dane, c’est lui qui est propriétaire. On pourra y aller un jour avec Linda et Brenda. Robert espérait un changement d’attitude de la part de sa femme et de sa fille, sans y croire réellement.

– Ah oui pourquoi pas ?

– T’inquiète Castille. Mon femme et ma fille pas faciles mais après elles vont faire un effort je pense. Je suis navré en tout cas.

– Pas de problème Robert. Je vais m’adapter et puis j’ai un mois d’essai alors c’est aussi valable pour vous que pour moi.

– Oui je espère que ça ira. Tu fais comme tu as envie et tu m’appelles si tu as besoin. N’hésite pas. »

Castille sourit, elle ne savait pas quoi penser. Robert tentait surtout de se convaincre lui même que ça allait s’arranger. La jeune femme se disait qu’elle avait un mois pour voir. Robert laissa son hôte s’installer et lui donna rendez-vous à 20 heures pour le dîner.

La soirée se passa dans le calme, Robert tentait de faire participer sa femme et sa fille à la conversation sans grand succès.

Vers 22 heures la jeune femme rentra dans son nouveau chez elle et envoya quelques messages, plus ou moins longs, à Nadège, Gloria et Polo. Fatiguée, elle leur dit que tout s’était bien passé et qu’elle les appellerait un peu plus tard.

Elle eut du mal à trouver le sommeil. Vu l’accueil, elle se demandait si elle avait bien fait de venir. Elle pourtant si enthousiaste avait un sentiment mitigé. Elle avait un mois pour voir.

Être averti des dernières sorties, directement par emaill
Recevoir la Newsletter