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Cabale

Episode 8

Celui qui n’avait pas conscience de lui même (2/2)

6’32 j’entends des sirènes. Impossible.

6’31.

Impossible.

6’30.

Il me reste 6’30 !

6’29.

IMPOSSIBLE !

6’28 je vois des voitures débouler dans l’allée qui mène à la grille. Elles ne peuvent pas être là pour moi. Je fais quand même demi-tour. Un policier sort de son véhicule pour me prier de lâcher la petite mais justement comme je la tiens il ne me tire pas dessus. La porte d’entrée est toujours fermée. Je fais le tour et trouve un accès à l’arrière. Une porte de cellier est entrouverte.

J’entre dans la maison et monte au deuxième. Le garde n’est plus là. Ses liens gisent au sol. Je respire. D’abord il faut éliminer le garde. Il doit être avec la femme. Je pousse la petite dans un placard et le bloque avec une chaise puis je vais à la salle de bain. Il n’y a plus personne.

Je vois les flics se diriger vers la maison. Ils sont quatre. Je leur crie que j’ai la petite en otage et que je l’égorge s’ils tentent d’entrer. Je mens bien sûr. Sam a dit de ne pas la toucher. A peine ai-je fini ma phrase que la femme se remet à crier. Elle est dans la chambre à côté.

Au même moment le garde apparaît dans l’encadrement de la porte en tirant trois balles dont l’une m’arrache la joue gauche et brise mon masque. Tant pis, ils ne verront de moi que des lambeaux de peau. Puis son chargeur est vide. Comme je suis énervé je lui enfonce mon talon dans le thorax, il tombe, et je lui écrase sa tête à coups de pieds à CE CONNARD !

Respire.

Les flics essaient de communiquer. Si je me dépêche je peux sortir tant qu’ils ne sont que quatre. Je retourne chercher la petite mais la mère me bondit dessus en criant et me mord. Sam ne m’a rien dit à son sujet alors je lui casse les dents avec mon coude. Ça y’est je suis à cran.

Je récupère la petite, descends, regarde par la fenêtre. Il n’y a que deux flics mais ils m’ont vu. J’en tue un et l’autre se fait dessus parce qu’il voit que je porte toujours la petite et qu’il n’a probablement jamais tiré sur quelqu’un de sa vie. Alors j’enlève mon silencieux, la petite toujours gigotante sur mon épaule, puis je le tue. C’était de la provocation mais ils l’ont bien cherché.

Je sors par la fenêtre et je me plaque contre le mur en faisant attention à la petite. Elle me vomit dessus. Aucun flic en vue mais ils pourront me cueillir si j’avance jusqu’à la grille. L’un d’entre eux ordonne un truc à son collègue. Ils sont sur la gauche. Je me lance au galop vers les grilles en tirant à l’aveuglette dans leur direction. Ça a dû les gargariser parce qu’ils tirent en retour. Aucune des balles ne me touche. Je sors enfin. Ma voiture est à trois rues. Je sors de la première et au carrefour je croise trois autres gyrophares. Ma montre sonne : 00’00.

Je place la petite devant moi et je continue. Deux voitures se sont arrêtées et six flics me suivent à pied. Je tire un peu, l’un d’entre eux tombe. Ils arrêtent de me suivre et se mettent à couvert. J’arrive à la voiture. J’ouvre la porte d’une main en tirant de l’autre, la petite en équilibre sur l’épaule. Le chargeur est vide. Un flic audacieux tire mais j’ai le temps de monter à l’avant. Je me glisse au niveau des pédales, la tête entre les genoux, et je démarre comme ça. Des balles brisent ma fenêtre.

Je pousse à fond l’accélérateur et me relève après deux mètres. Je braque pour éviter une voiture garée puis me dirige vers la voie rapide. Trois voitures me rattrapent juste avant l’entrée. Elles me collent. Je m’y engage quand même et prends la sortie suivante. C’est de la route de montagne. Je fais crisser les pneus dans les virages et creuse la distance. Sur une courbe large j’aperçois la deuxième voiture tenter de doubler la première. Elles s’entrechoquent et la deuxième est hors course.

Après un virage en épingle je vois une voiture garée à l’entrée d’un chemin de randonnée. Je m’arrête. Boite à gants. Chargeur. Pression du bouton je vire le vide j’enclenche le nouveau. La première voiture arrive. Je touche le pneu et elle s’envole au bas des falaises. L’autre voiture pile. J’attends. Personne ne sort. J’ouvre la portière un flic se dresse et la vise, je lui tire une balle dans la tête. Ça fait sortir les deux autres que j’aligne aussi. D’un coup ma cheville me lance. Je ne l’ai pas assez bougée. Dans quelques minutes je ne pourrai plus marcher.

J’attrape la petite, force la voiture des randonneurs et la colle dedans. Je m’engouffre à l’avant, coupe trois fils, les réarrange et ça démarre. Au bout de quelques minutes de silence, quand je me sens plus en sécurité, une pensée m’attrape et me glace les tripes. Elle est toujours vivante ?

Je me retourne et je n’ai pas l’impression qu’elle respire. Avec la route à surveiller et ses poumons minuscules ce n’est pas facile. J’enlève un gant, tend le bras et prend son pouls.

Il est là. Ouf. C’est Sam qui va être content.

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