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Cabale

Episode 7

Celui qui n’avait pas conscience de lui même (1/2)

La maison dans laquelle je dois entrer par effraction est ceinte d’une lourde grille de fer. Sur chaque battant de la porte d’entrée sont gravées deux initiales « BB » en police aristocratique. Un cadenas les scelle. Sam m’avait prévenu. Je défais mon sac à dos et sort mon matériel : Une pince à métaux ; un silencieux pour le magnum à ma ceinture ; du gros scotch ; des gants en cuir blanc. Je tiens à ce qu’ils soient blancs. Sam a accepté. Un masque blanc.

Je mets les gants, le masque. Je serre bien les lanières pour qu’il ne puisse bouger et entraver ma vision. Mon nez s’écrase contre sa paroi. A partir de maintenant je respire par la bouche. Je suis le masque. Je rabats ma capuche sur mes cheveux. Je suis prêt.

La police mettant vingt minutes à intervenir sur une maison comme celle-ci, je dois faire vite. J’enclenche le chrono de ma montre. Je brise la chaîne d’un coup de pince et jette tout dans un buisson avec le sac. Accroupi j’avance vers l’entrée. Aucun garde dans le jardin. Sam m’avait prévenu. Seulement deux à l’intérieur, ils accompagnent la femme et l’enfant. Impossible de déterminer leurs positions alors je sors le magnum et j’arme le silencieux.

La porte est solide mais entourée de deux grandes fenêtres facilement accessibles. J’entre par l’une d’elles. A peine suis-je retombé qu’une balle siffle à mon oreille. Je n’ai pas eu de chance. La femme et l’enfant sont dans l’escalier, me dévisagent, les deux gardes me tirent dessus. Je me lance sur un côté et profite du vol pour en toucher un dans l’œil. Le deuxième tire à l’endroit où je me trouvais une seconde avant et me laisse le temps de viser son genou. Quand il tombe à terre son arme lui échappe. Je n’aurais pas à le tuer. J’accède au palier où il git, écarte le flingue, sort le scotch puis lui lie pieds et mains. Je serais parti avant qu’il ne se libère. Il me reste 16’32

Les femmes sont montées. Je les suis. La petite à pissé et des gouttes m’indiquent le chemin. Bien. Elles se sont recroquevillées dans la salle de bain. La mère a dû se dire qu’ici le sang serait plus facile à nettoyer. Elles crient. J’attrape la petite par le bras et la ramène à moi. J’attends que la femme ai fini de crier pour lui répéter ce que Sam m’a dit. 14’48, j’ai le temps. Finalement :

« Je ne vous veux aucun mal, madame Sédonis. Ni vous ni la petite ne serez blessées ce soir. Mais je vais devoir l’emmener. »

Elle crie de plus belle. 12’40. Cette fois-ci je la claque mais maintenant c’est la petite qui pleure. Elle je l’ignore, elle a moins de coffre. Je finis la phrase de Sam.

« Dites à votre mari que Sam le salue. »

Elle pleure tellement que je ne suis pas sûr qu’elle ait entendu le nom de Sam. Il faut qu’elle l’entende. Je répète plus fort.

« Dites à votre mari que SAM le salue.

Elle pleure encore comme une truie et elle ne me regarde pas. Je suis sûr qu’elle n’a pas entendu Sam. Je m’accroupis sur elle, je lui serre le cou d’une main et j’ouvre sa paupière droite de l’autre. Son globe affolé tente de fuir.

« DITES À VOTRE MARI QUE SAM LE SALUE ! »

Son œil dégouline de larmes et me fixe. Ça y est, elle a entendu.

La petite n’est plus là. J’ai lâché la petite. CON ! CON ! CON ! CON ! CON !

Je respire. Je fais le vide. Je redeviens le masque. 10’58. CON ! CON !

Non. Je fais le vide.

Il faut croire que la pisse a séché dans sa culotte parce que je ne trouve plus de gouttes. Je fouille les pièces, renverse les gros objets qui pourraient la dissimuler. Au bout de la troisième je vois par la fenêtre une petite silhouette courir dans le jardin. Je n’ai pas entendu la porte d’entrée. Y aurait-il une autre entrée possible ? Non, Sam ne m’a rien dit.

Je suis au deuxième étage. Huit mètres. En bas il y a une cabane d’enfant en plastique. Je la vise et je saute. La cabane explose, la douleur me remonte les tibias comme deux flèches et ma cheville gauche craque. Je peux courir tant qu’elle est chaude. 7’22. Elle ne me posera pas problème.

Je rattrape la petite juste au niveau de la grille. Elle a dû tomber dans la précipitation. Ou bien elle est incroyablement lente. Je la soulève et la place sur mon épaule. Elle est épuisée mais bouge encore et m’incommode. 7’00. Je décide de lui attacher les mains et les pieds avec le gros scotch. Sam m’a dit d’y faire attention alors je fais doucement et je ne serre pas trop.

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