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L'aiguille creuse

Episode 67

Ils le feuilletèrent. La première moitié racontait les explications données par le capitaine de Larbeyrie dans son journal.

– Passons, passons, dit Beautrelet qui avait hâte d’arriver à la solution.

– Comment, passons ! Mais pas du tout. Nous savons déjà que l’homme au Masque de fer fut emprisonné parce qu’il connaissait et voulait divulguer le secret de la maison royale de France ! Mais comment le connaissait-il ? Et pourquoi voulait-il le divulguer ? Enfin, quel est cet étrange personnage ? Un demi-frère de Louis XIV, comme l’a prétendu Voltaire, ou le ministre italien Mattioli, comme l’affirme la critique moderne ? Bigre ! ce sont là des questions d’un intérêt primordial !

– Plus tard ! plus tard ! protesta Beautrelet, comme s’il avait peur que le livre ne s’envolât de ses mains avant qu’il ne connût l’énigme.

– Mais, objecta Massiban, que passionnaient ces détails historiques, nous avons le temps, après... Voyons d’abord l’explication.

Soudain Beautrelet s’interrompit. Le document ! Au milieu d’une page, à gauche, ses yeux voyaient les cinq lignes mystérieuses de points et de chiffres. D’un regard il constata que le texte était identique à celui qu’il avait tant étudié. Même disposition des signes... mêmes intervalles permettant d’isoler le mot « demoiselles » et de déterminer séparément l’un de l’autre les deux termes de l’Aiguille creuse.

Une petite note précédait :

Tous les renseignements nécessaires ont été réduits par le roi Louis XIII, paraît-il, en un petit tableau que je transcris ci-dessous.

Suivait le tableau. Puis venait l’explication même du document.

Beautrelet lut d’une voix entrecoupée :

Comme on voit, ce tableau, alors même qu’on a changé les chiffres en voyelles, n’apporte aucune lumière. On peut dire que pour déchiffrer cette énigme, il faut d’abord la connaître. C’est tout au plus un fil qui est donné à ceux qui savent les sentiers du labyrinthe. Prenons ce fil et marchons, je vous guiderai.

La quatrième ligne d’abord. La quatrième ligne contient les mesures et les indications. En se conformant aux indications et en relevant les mesures inscrites, on arrive inévitablement au but, à condition, bien entendu, de savoir où l’on est et où l’on va, en un mot d’être éclairé sur le sens réel de l’Aiguille creuse. C’est ce que l’on peut apprendre par les trois premières lignes. La première est ainsi conçue de me venger du roi, je l’avais prévenu d’ailleurs...

Beautrelet s’arrêta, interloqué.

– Quoi ? Qu’y a-t-il ? fit Massiban.

– Le sens n’y est plus.

– En effet, reprit Massiban. _« La première est ainsi conçue de me venger du roi... » _Qu’est-ce que cela veut dire ?

– Nom de nom ! hurla Beautrelet.

– Eh bien ?

– Déchirées ! Deux pages ! les pages suivantes !... Regardez les traces !...

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