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L'aiguille creuse

Episode 35

À Londres, le lundi de la Pentecôte, à quatre heures du soir, Herlock Sholmès prenait un cab pour se rendre à la gare. À peine était-il monté qu’il essayait de descendre, averti probablement du péril. Mais deux individus escaladaient la voiture à droite et à gauche, le renversaient et le maintenaient entre eux, sous eux plutôt, vu l’exiguïté du véhicule. Et cela devant dix témoins, qui n’avaient pas le temps de s’interposer. Le cab s’enfuit au galop. Après ? Après, rien. On ne savait rien.

Et peut-être aussi, par Beautrelet, aurait-on l’explication complète du document, de ce papier mystérieux auquel le greffier Brédoux attachait assez d’importance pour le reprendre, à coups de couteau, à celui qui le possédait. « Le problème de l’Aiguille creuse », comme l’appelaient les innombrables Œdipes qui, penchés sur les chiffres et sur les points, tâchaient de leur trouver une signification... L’Aiguille creuse ! association déconcertante de deux mots, incompréhensible question que posait ce morceau de papier dont la provenance même était inconnue ! Était-ce une expression insignifiante, le rébus d’un écolier qui barbouille d’encre un coin de feuille ? Ou bien était-ce deux mots magiques par lesquels toute la grande aventure de l’aventurier Lupin prendrait son véritable sens ? On ne savait rien.

On allait savoir. Depuis plusieurs jours les feuilles annonçaient l’arrivée de Beautrelet. La lutte était près de recommencer, et, cette fois, implacable de la part du jeune homme qui brûlait de prendre sa revanche.

Et justement son nom, en gros caractères, attira mon attention. Le Grand Journal inscrivait en tête de ses colonnes la note suivante :

Nous avons obtenu de M. Isidore Beautrelet qu’il nous réservât la primeur de ses révélations. Demain mercredi, avant même que la justice en soit informée, _Le Grand Journal publiera la vérité intégrale sur le drame d’Ambrumésy._

– Cela promet, hein ? Qu’en pensez-vous, mon cher ?

Je sursautai dans mon fauteuil. Il y avait près de moi sur la chaise voisine quelqu’un que je ne connaissais pas.

Je me levai et cherchai une arme des yeux. Mais comme son attitude semblait tout à fait inoffensive, je me contins et m’approchai de lui.

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